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lundi 23 février 2009

Deuxième rencontre avec le contrôleur

Dans l'idTGV qui nous ramenait de Paris dimanche dernier, sur le quai alors qu'on faisait vérifier nos billets, en voyant le contrôleur, tout d'un coup un souvenir m'est revenu : Gare du Nord, il y a plus de dix ans.
CE contrôleur-là, j'avais croisé son regard dans le hall d'échange, et après plusieurs œillades entendues, il m'avait indiqué de le suivre, d'un signe de tête. Je l'avais suivi, vers une porte d'un local technique, derrière laquelle il y avait des couloirs et des escaliers que l'on avait suivi, descendus, jusqu'à un troisième sous-sol bardé de câbles et de tuyaux.
Je ne me souviens plus précisément ce que nous avions fait, embrassés peut-être, sucés sûrement, enculés éventuellement...
Longtemps son souvenir m'avait hanté quand je repassais dans cette gare. Je ne l'avais jamais revu bien entendu. Il portait une alliance, c'était "un mec marié" comme j'en avais déjà rencontrés tant.

Hier, sur le quai sur-encombré de voyageurs pressés j'en étais sûr : c'était lui. Châtain clair sous sa casquette, les yeux clairs, 1m75 environ, un air volontairement sérieux, presque sévère, poli sans plus, le regard ne soutenant pas vraiment les yeux de l'autre, glissant.
"Ce contrôleur, là, celui qui a vérifié nos billets, je l'ai rencontré et j'ai baisé avec lui il y a plus de dix ans Gare du Nord, quand j'étais étudiant. Je n'en suis pas sûr, mais ça m'a fait comme un flash, je l'ai d'emblée reconnu."

Je n'arrive vraiment pas à me souvenir de ce que l'on avait fait dans ce troisième sous-sol. Je me souviens seulement que c'était rapide, fébrile, presque tremblant d'excitation, moi l'excitation de me taper un contrôleur en uniforme dans la gare, lui de toucher et de jouir avec un autre homme.

Je l'ai revu dans le TGV ensuite, et encore ce souvenir si certain qui m'a submergé. Malheureusement j'étais trop malade pour aller lui demander...
"Excusez-moi, vous n'auriez pas travaillé Gare du Nord il y a un peu plus de dix ans ?
- Euh... oui pourquoi ?
-Il me semble bien que je vous avais rencontré..." et j'aurais continué selon ses réactions.

samedi 14 février 2009

Deux roues : Vélov

Enfin du nouveau pour les Vélov !

Depuis quelques mois j'avais remarqué que l'attache sur le vélo avait changée : non plus un système de grosse bague autour du cadre, entourée de plastique, pas très solide contre les attaques des débiles qui ne trouvent rien de mieux à faire que déglinguer des vélov quand leur équipe de foot gagne (Le 17 mai 2008, lors du 7e sacre de l'Olympique Lyonnais, 180 vélos ont été arrachés des stations lyonnaises).
Mais je viens d'apprendre que beaucoup de choses vont enfin changer en 2009 sur le système de Vélov. Créé en 2005, les Lyonnais avaient donc essuyé les plâtres avant le Vélib de Paris.

Ce qui va changer :
- nouveaux vélos, plus légers, plus solides et au poids mieux réparti.
- abonnements complètement pilotables sur le site internet.
- abonnements courts sans carte.
- nouvelles bornes avec affichage des plans de quartier, vélos disponibles en 10 secondes, informations par WAP, double-capacité aux plus grosses stations.
- nouvelle tarification, un peu plus chère mais toujours l'avantage d'une heure gratuite pour les abonnés combinés Técély-Vélov.

vendredi 6 février 2009

Deux reliefs pour poser mon ombre

Escalier pour remonter du quai, gare de Perrache, la lumière par l'arrière projette mon ombre en avant. Et l'ombre de ma tête se retrouve sur les fesses moulées dans un jeans d'un mec qui monte devant moi, lui qui était à quelques mètres dans le train. J'avais alors remarqué sa nuque.

Là je remarque les reliefs de ses fesses qui bandent et se relâchent, alternativement, pour grimper les marches. Ma tête est posée dessus, passant d'une fesse à l'autre, puis fourrant ma barbe entre elles...

"Le TGV - numéro - huit mille - cent - vingt-sept - à destination de -..."

Aller je rentre à la maison.

vendredi 30 janvier 2009

La 2 x 2e dimension

Gare de Saint-Fons, peut-être la plus petite gare TER de toute la région, 19h25, il fait nuit.

J'arrive sur le quai, un homme discute avec un ado. J'imagine qu'ils sont père et fils quand ils se tournent vers moi et que le plus âgé me demande : "Excusez-moi. Pour aller à Paris, c'est la bonne direction ?
- Pour Paris ?!?... euh... oui... Vous arrivez directement à Perrache et vous prenez un TGV direct pour Paris.
(un temps pendant lequel je digère la surprise)
- Remarquez, si vous allez à la gare de la Part-Dieu, vous attendrez moins, il y a davantage de TGV. Mais alors il faudra prendre le tramway T1 jusqu'à...
- Non non non, je vais m'arrêter à Perrache, c'est plus simple.
- Oui, vous avez raison.
- Mais comment j'achète mon ticket là, il n'y a personne ?
- Ah non, ici c'est un peu la gare-fantôme, il n'y a même pas de composteur, vous pouvez prendre un billet pour Perrache, mais vous aurez sans doute la chance de pouvoir le réutiliser bientôt."
Sur cette réflexion, le jeune me dit :
"Faites attention, moi j'ai déjà pris une amende de 15 €, le contrôleur n'a pas voulu me croire quand je lui ai dit qu'il n'y a pas de composteur.
- Oui ben faudra qu'il se lève tôt pour que je paye si ça arrive, faut pas pousser."
Le TER arrive, le jeune s'éloigne de nous, et celui que je prenais pour son père se rapproche de moi :
"Vous allez à Perrache ? Je peux monter avec vous ?
- Oui oui, bien sûr, venez."
On s'assoit, face à face. Il me demande :
"Et ensuite vous aussi vous allez aussi à Paris ?
- Ah non, moi je m'arrête à Perrache, j'y habite, je rentre du boulot là.
- D'accord."
Pour détendre l'atmosphère, et briser le silence qui s'installe, je lui demande :
"Vous allez passer le weekend à Paris ?
- Non non, je rentre chez moi, je vais à Notre-Dame-de-Gravenchon.
Puis, voyant mon air ahuri : C'est à côté du Havre.
- Ah OK, c'est pas à côté quand même. Vous étiez à Saint Fons pour votre travail ?
- Oui. Et normalement je cherche un camping.
Mais je crois que je vais pas trouver.
- Ah ça oui ! Au mois de janvier à Saint-Fons, à 8h du soir ça risque d'être bien difficile.

- C'est moins cher et c'est pratique, mais c'est difficile ici.
- Oui."
Je ne peux pas en dire plus, il faut que je digère ce nouveau rebondissement. Et je commence sérieusement à me dire qu'il faut bien que je profite de cette rencontre, car elle n'est pas banale.
"Et vous travailliez à Saint-Fons depuis plusieurs jours ?
-
Non, ce matin j'étais à Pau.
- A Pau ? Vous voulez dire que vous étiez à Pau, et que vous êtes passé par Lyon pour aller en Normandie ?
- En fait, c'est entre
Le Havre et Rouen, et j'habite à Touffreville-la-cable, à deux kilomètres de Gravenchon. Pas à Gravenchon même, mais à Touffreville il n'y a pas de gare."
A ce moment-là, je prends la décision de tout croire, et répondre aussi sérieusement que ce monsieur.
" Mais pourquoi vous allez de Pau à la Normandie en passant ici ?
- C'est pour mon travail, je suis sur des chantier.
- Et c'est quel type de chantier ? Un immeuble d'habitations, des bureaux, le tramway 4 ?
- Non non, moi je travaille dans la plomberie-zinguerie.
J'ai dû mal formuler ma question...
-OK, mais qu'est-ce qui est construit sur le chantier ? Des appartements, des parkings, des bureaux ?
(quelques secondes de réflexions de sa part)
- Oui, c'est ça.
- D'accord."
Je suis définitivement au beau milieu d'un incident supra-dimensionnel. Mais personne autour pour vérifier si c'est bien encore la réalité. Et puis je me demande tout à coup s'il n'est pas en train de me draguer. Il n'est pas super bandant mais c'est toujours excitant avec un inconnu dans le train...
Je défais ma veste, je mets mon paquet en évidence... mais non, rien, il tripote fébrilement son énorme portefeuille coincé sous sa cuisse.
On traverse le Rhône avec cette vue splendide sur le centre ville. Il lance :
"C'est une grande ville !
- Oui, c'est une très belle ville, qu'on ne visite pas assez."
On arrive en gare, et je vois un TGV stationné :
"Tenez, ce TGV va à Paris je pense, vous ne devriez pas attendre trop longtemps."
On sort du TER, je m'apprête à prendre l'escalier, et l'homme me demande :
"Je suis obligé de monter, je ne peux pas y aller directement ?
- Ah ben oui, vous ne pouvez pas traverser les voies, c'est dangereux. Et pusi il faut prendre un ticket, vérifier qu'il va bien à Paris. Suivez-moi."
Arrivés dans la gare (qui est au-dessus des voies) :
"Tenez, vous avez des machines là-bas, et vous choisissez Départ immédiat."
Il ne dit plus un mot, il a l'air un peu ailleurs.
"Bon, si vous voulez, vous pouvez aller directement dans le TGV, et vous allez voir le contrôleur, vous devrez payer un petit supplément mais vous ne raterez pas le départ.
Toujours pas de réponse, il me regarde et regarde tout autour, alors que des tas de gens passent autour de nous.
"Oui, je vais aller dans le train. Et puis merci, hein.
-Je vous en prie, et faites bon voyage."

Voilà, c'est tout, c'est arrivé comme ça.

jeudi 22 janvier 2009

Deux minutes d'intimité

Dans le tramway en revenant du boulot, une jeune fille à son téléphone portable, assise et tournée vers la vitre :

"Mais puisque je te dis que J'AI BOSSÉ ! J'ai choisi de m'investir dans mon job, et cet après-midi j'ai pas regardé mon portable.
...
Non, y'a pas eu 25 appels en absence !
...
Alors là, permets-moi d'te dire : Nadia, elle fait toujours le même coup : elle m'appelle et quand elle tombe sur la messagerie parc'que je réponds pas, elle rappelle en numéro inconnu.
...
Ouais. Ouais.
...
Les deux appels que j'ai eus, c'était elle, c'est obligé.
...
Écoute, là, y'en a marre, tu me casses les couilles.
...
Mais putain puisque j'te dis que J'É-TAIS-AU-TAF !
...
Bon, c'est pas la peine de continuer, moi t'sais j'm'en fous si...
...

Ouais, c'est ça, aller continue...
...
Mais Nadia j'm'en bas les couilles !
...
Bon, tu veux que j'te dise, j'm'en bas les couilles de tes questions à la con. Si t'es pas content, t'as qu'à aller la voir ta Nadia.
...
Arrête.
...
Putain tu me casses les couilles...
...
QUOI ? Mais putain c'est ELLE qui m'appelle en numéro caché alors m'accuse pas !
(prenant conscience de son coup de voix) Putain, j'vais pas gueuler, j'suis dans l'tram et y'a des gens autour qui z'ont pas forcément envie d'écouter ma life.
...
Ouais, c'est ça, ben tu peux rêver.
...
Ouais, ben raccroche moi j'm'en bas les couilles de ta connerie. Tiens.
(elle raccroche en faisant grincer l'écran de son téléphone avec ses ongles) Putain la vache fait chier ce connard !"

Je ne sais pas à qui elle parlait, je ne sais pas contre quoi elle se défendait, mais j'ai dans l'idée que l'ambiance n'est pas rose.
Moi ça m'a bien fait rire, et de me voir sourire ma voisine a fait de même en partageant un regard complice. Et puis elle me dit d'un air entendu "Je crois que c'est fini entre eux". Je me suis contenté d'approuver d'un hochement de tête.